Journal de Paul-Marie Coûteaux
Une certaine Idée de la France et du monde

La vertigineuse addition des délires du système des partis, de l'égotisme de notre bocal politique où se sont perdus, hélas, ceux qui ont tour à tour prétendu relever le drapeau, d'une longue suite de gouvernements nuls, de l'incurie de dirigeants qui n'ont de responsables que le nom et, par-dessus tout, de l'oubli par notre peuple de tout souci de lui-même, a créé autour de nous une situation certes douloureuse mais que la France a souvent connue : le chaos. Nous voici près de ce que Bainville appelait la "récurrente anarchie française", dont nous n'apercevons encore que les premiers prodromes. Ce n'est pas une raison pour croire que la France se meure. Qui connaît l'Histoire sait qu'elle en a vu d'autres, et que l'essentiel est toujours, et en dépit de tout, de faire vivre une idée de la France, et à travers elle une idée de la diversité et de la beauté du monde. Cette idée resurgira tôt ou tard : il suffit de la garder au coeur, de distinguer ce qui meurt et ce qui vit, de voir, de comprendre, de protéger la langue, et d'écrire. Voici la suite d'un journal que je tiens depuis 1992, dont j'ai déjà fait paraître des extraits dans un ouvrage, "Un petit séjour en France", ainsi que divers blogues-notes, "For intérieur" puis "Une certaine Idée"...

samedi 18 janvier 2014

Journal de campagne à Paris (janvier - mars 2014)


Jeudi 16 janvier 2014. – Succès annoncé des socialistes parisiens, suite : il est d'autant plus étonnant qu'il ne semble pas aussi établi qu'on le dit de tous côtés, tel un fait acquis et perpétuel, que Paris soit « à gauche ». Paris, au lendemain de la guerre, se donna au RPF du Général de Gaulle (et, en l'occurrence, de son frère Pierre de Gaulle), elle fut administrée par la droite pendant plus d'un demi-siècle ; capitale de la France, elle garde un aspect traditionnel et national qui colle mal avec les équipes qui la dirigent depuis deux mandats, et qui n'ont dû leur succès qu'aux faiblesses de leurs adversaires – spécialement aux divisions qui ont fait chuter en 2001 Philippe Séguin, lequel avait bel et bien été majoritaire en voix...

         Divisions... L'évocation de la campagne de notre pauvre et cher Séguin me revient d'autant mieux en mémoire que l'épisode se trouve comme réactualisé par le soutien qu'a apporté hier aux listes RBM l'ancien maire du XIXe arrondissement, Michel Bulté, homme estimable que j'avais furtivement rencontré à l'époque car il fut un soutien de poids, et des plus actifs, à la campagne dudit Séguin ; je l'ai retrouvé lors de la conférence de presse que tenait ce matin avec nous Wallerand de Saint-Just au café de l'Hôtel de Ville, nous n'avons fait qu'échanger trois mots mais sa présence comme nouvelle tête de liste « d'ouverture » aux côtés de celles du SIEL, et désormais de plusieurs autres, me remplit de confiance. Ah, on peut dire que Wallerand a réussi l'ouverture, comme je l'ai tant voulu pour Paris, et la conférence de presse de ce jour en fut une magnifique illustration – ai même retrouvé l'ami Elie Hatem, de l'Action Française, également tête de liste !

        L'atmosphère de la conférence de presse fut si bonne que, en en sortant, courant par l'Ile de la Cité au déjeuner de PH. W., rue Mazarine, je me prenais à caresser l'idée que nous pourrions, en rêvant un peu, venger Philippe Séguin en faisant l'unité qu'il n'a pas su faire voici treize ans ; nous pourrions corriger notre copie de 2001 – et le corriger, lui, d'un sourire, car  il prêta la main auxdites divisions, d'ailleurs voulues par Jacques Chirac, avec une sorte d'inconscience que je ne m'explique pas – sinon par l'idée que, justement, Paris ne pouvait décidément pas « tomber » à gauche. En somme, il faudrait reprendre le récit là où nous l'avons laissé en 2001, et réunir toutes les droites qui se sont tant divisées ici...

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