Journal de Paul-Marie Coûteaux
Une certaine Idée de la France et du monde

La vertigineuse addition des délires du système des partis, de l'égotisme de notre bocal politique où se sont perdus, hélas, ceux qui ont tour à tour prétendu relever le drapeau, d'une longue suite de gouvernements nuls, de l'incurie de dirigeants qui n'ont de responsables que le nom et, par-dessus tout, de l'oubli par notre peuple de tout souci de lui-même, a créé autour de nous une situation certes douloureuse mais que la France a souvent connue : le chaos. Nous voici près de ce que Bainville appelait la "récurrente anarchie française", dont nous n'apercevons encore que les premiers prodromes. Ce n'est pas une raison pour croire que la France se meure. Qui connaît l'Histoire sait qu'elle en a vu d'autres, et que l'essentiel est toujours, et en dépit de tout, de faire vivre une idée de la France, et à travers elle une idée de la diversité et de la beauté du monde. Cette idée resurgira tôt ou tard : il suffit de la garder au coeur, de distinguer ce qui meurt et ce qui vit, de voir, de comprendre, de protéger la langue, et d'écrire. Voici la suite d'un journal que je tiens depuis 1992, dont j'ai déjà fait paraître des extraits dans un ouvrage, "Un petit séjour en France", ainsi que divers blogues-notes, "For intérieur" puis "Une certaine Idée"...

dimanche 16 novembre 2014

Jeudi 13 novembre deux mil quatorze

À Paris, donc, mondanités en tous genres ; déjeuner chez Lipp avec XX qui m’en dit long sur les mœurs élyséennes, la pagaille qui règne à la Présidence de la République et surtout, cause de ce qui précède, sur le caractère maladivement hésitant du pauvre Hollande, lequel cherche sans cesse ses décisions, puis, une fois prises, en change, et finalement complique tout – j’imagine par exemple qu’il hésite beaucoup sur l’affaire des frégates Mistral à livrer à la Russie, et qu’il passe d’une résolution à une autre. Conversation avec Roger Karoutchi avec qui je dois faire une conférence après-demain à Carpentras sur « le gaullisme aujourd’hui », à l’invitation du jeune et vigoureux député UMP du lieu, Julien Aubert. Le soir, verre à la maison avec Elisabeth Lévy, Sandrine Palussière, Renaud Camus et Frédéric Siard – ce dernier m’apporte une coupure des « Infornations Dieppoises » qui annonce que la section SIEL de Dieppe (j’ignorais qu’elle existât,  et que, grâce à l’entregent de Frédéric, elle comptât (ou eût compté), des personnes fort actives…), a toute entière quitté le RBM. Mazette, on aurait presque l’impression d’un mouvement de masse ! Devant le chef du Parti de l’In-nocence, le seul que nous pouvons, ou pouvions, regarder de haut, je biche…


            Excellent dîner aux « Soufflets » de la rue Servandoni ; puis je m’en retourne vite à la maison pour retrouver Bainville, toujours magistral : le 26 septembre, il notait, à propos du désastreux pantalon rouge des fantassins français, les désignant comme autant de cibles : « Voilà quarante ans que l’on parle de changer l’uniforme français et que l’on ne décide rien. Il y a tout un symbole dans ces pauvres pantalons qui reviennent si lamentables. Par eux aussi l’électeur français, devenu un combattant, paie la démocratie qui se croit progrès et qui n’est que routine, un chariot mérovingien dans une ornière ». Ses descriptions du Gouvernement replié à Bordeaux pourraient être hilarantes, si, dans les plaines du Nord, tant de jeunes morts, si nombreux dans les premières semaines de la Guerre, ne les rendaient si grinçantes… 

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